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Chevaliers Noirs: au coeur du moyen age...
Chevaliers Noirs: Glossaire medieval

GLOSSAIRE MEDIEVAL

Ce glossaire médiéval rassemble les termes du moyen âge, qui apparaissent dans la saga. Contrairement à la terminologie du continent qui rassemble des notions spécifiques au monde des Chevaliers Noirs, ces termes décrivent des réalités historiques.
 

Glossaire Médiéval, de A à C

Termes du moyen âge, 10e - 12e siècles

 

A

Arc : m. Arme. Arme de jet, tendue avec une corde pour lancer des flèches. En Occident, l’arc est souvent de bois d’if ou de frêne. Sa taille varie de 1 à 2 mètres, pour une portée moyenne de 200 mètres.
Pus rapide que l’arbalète, l’arc permet de décocher 10 à 15 flèches (selon la force de l’archer) contre 2 carreaux d’arbalète dans le même laps de temps. Aux 10e-12e siècles, il n’a pas encore la puissance du grand arc anglais (« Longbow »), dont les effets seront dévastateurs durant la guerre de cent ans.
Les archers du moyen âge portent le carquois à la cuisse droite, jamais derrière l’épaule, ce qui induit trop de mouvements superflus, ralentit et diminue l’adresse.
La puissance cinétique d’une flèche est telle qu’elle pénètre à peu près tout, mais sans fer approprié elle ne peut percer une cotte de mailles (les fers utilisés pour la chasse sont trop larges). C’est pourquoi certains témoignages d’époque parlent de guerriers couverts de flèches « comme des porcs-épics » et qui continuent pourtant à se battre. Mais avec un fer à longue pointe et quatre ailettes, les mailles éclatent et le trait pénètre profondément. La résistance du fer de flèche était parfois augmentée en le trempant dans l’eau salée lorsqu’il était porté au rouge.
L’arc récursif (dit aussi « à double courbe », « composite », « réflexe ») était en usage dans le monde des steppes depuis l’antiquité ; il faisait déjà l’admiration des auteurs anciens. Il a été employé par les Huns, les Turcs, les Mongols. Cet arc est aussi resté en usage au Proche-Orient, durant le moyen âge central. Sa tension est plus forte, de 45 à 70 Kilos. On le tend en passant la corde derrière le pouce et en bloquant celui-ci derrière les autres doigts repliés. Au repos on glissait l’arc récursif dans un étui à la ceinture, derrière l’épée ou le sabre.

 

Archère : f. Architecture militaire. Appelée plus tard « meurtrière ». Baie de tir verticale et étroite, permettant de décocher des flèches sans s’exposer. Les archères donnent un éclairage très particulier aux tours et salles des châteaux. Sur les façades, elles sont généralement disposées en quinconce, selon de savants calculs afin d’éviter les angles morts.

 

Armoiries : f. pluriel. Symboles héraldiques. Emblèmes et couleurs d’une personne ou d’une autorité, reproduits sur ses enseignes et ses sceaux, parfois son écu. On dit aussi « les armes ».
Les armoiries ne sont pas encore codifiées aux 10e-12e siècles, et leur transmission n’est pas forcément héréditaire. Les puissants, leurs enfants, les guerriers adoptent les couleurs et emblèmes qu’ils souhaitent. Ceux-ci ne désignent pas forcément un clan, une lignée, et sont modifiables à loisir sans formalités.
Les armoiries héréditaires et la science héraldique ne se répandent vraiment qu’au 13e siècle.
En revanche, depuis l’antiquité les guerriers peignaient des emblèmes sur leurs écus, et bien avant le 13e siècle certains signes avaient parfois valeur contractuelle, au sens d’engagement. Il existait aussi, bien avant la formalisation héraldique, des familles qui transmettaient leurs couleurs et emblèmes de façon héréditaire, même si l'usage n’était pas encore généralisé. Voir aussi Bannière, Sceau.
Dans Chevaliers Noirs, les armoiries sont décrites en termes héraldiques tout en essayant de faire simple, pour ne pas déconcerter le lecteur.

 

Armure : f. Armure, latin : Lorica. Les armures ont évolué de façon considérable au cours du moyen âge. L’apparition de l’armure de plates (« plaques de fer ») au 13e siècle a même changé toute la doctrine du combat. Aux 10e-12e siècles, les armures les plus résistantes sont en mailles. Le casque dit « heaume », est fait de plusieurs pièces rivetées, ou d’une seule forgée. Le combat reste agile et vif, avec l’écu dans une main, l’arme dans l’autre. Plus tard les mailles deviendront courantes, car au fil des siècles on les récupérait sur les champs de bataille. Mais à l'époque concernée elles coûtent encore fort cher, et seuls les guerriers les plus riches portent les armures les plus longues.
Pour les sortes d’armures et parties spécifiques : Voir Broigne, Cotte de Mailles, Cuirasse, Haubert, Heaume, Écu. Et aussi Cuir bouilli, Mailles, Nasal, Ventaille.

 

Arts martiaux médiévaux : m. pluriel. Tradition militaire. Tous les arts martiaux ne sont pas nés en Asie. Au moyen âge et en Europe, ils ont existé comme en témoignent quantité de manuscrits, d’enluminures et de tapisseries qui nous sont parvenus, avant même les manuels de combat du 14e siècle. L’iconographie, la statuaire, les bas-reliefs, la peinture, et l’étude des sceaux, — pour ne citer que quelques sources — achèvent de montrer des postures cohérentes, des gestes identiques au combat, même s’il faut parfois se livrer à des expérimentations pour reconstituer les enchaînements. Évidemment, les combattants de l’époque privilégiaient l’efficacité. Les guerriers du moyen âge consacraient un temps considérable à l’entraînement. Tout comme on ne devient pas bon cavalier en quelques jours, le maniement des armes, et les parades efficaces avec un écu s’apprennent : ce qui est mis en plus dans l’entraînement peut sauver une vie. C’était une priorité pour ces guerriers qui s’exerçaient assidûment, et commençaient parfois dès l’adolescence en tant qu’écuyer. Les feintes et ruses faisaient tout autant partie de l’arsenal du combat, car toutes les armes étaient très meurtrières, et la chirurgie aléatoire.
Ainsi, contrairement aux idées reçues, rares étaient les combattants qui se contentaient de charger aveuglément « dans le tas » en frappant et criant. À l’époque les guerriers professionnels étaient braves mais prudents, se protégeaient mutuellement, essayaient d’achever rapidement les combats, guettant la moindre opportunité d’asséner un coup mortel.
Les combats dans Chevaliers Noirs sont reconstitués d’après attaques et parades qui ont réellement existé, et ont été employés.
La plupart des combats dans ces romans reposent sur l’analyse de l’iconographie d’époque, et mettent souvent en lumière des attaques décrites par les manuels d'escrime des 14e – 15e siècles (sachant qu’aucun ne nous est parvenu avant 1295, le premier étant le I.33 conservé à la Tour de Londres, Royal Library Museum). – Quand par exemple l’Homme Sombre désarme un adversaire dans la taverne en s’emparant de son épée, il utilise une des méthodes décrites par le maître d’armes Sigmund Ringeck vers 1440. De même le combat dans « Les rues des drapiers » exploite des attaques d’époque. C’est l’analyse des sources historiques qui donne parfois aux combats dans ces romans une certaine dynamique, sachant qu’ils reposent sur des notions réelles d’époque.

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B

Bailli : m. Fonction et dignité. Le gouverneur attitré d’un seigneur ou d’une autorité, en un lieu donné. Il faut comprendre le terme au sens de « délégué », homme de confiance.

 

Bannière : f. Drapeau. Étoffe carrée portée sous le fer de lance, qui se prolonge sur le côté en trois « langues » (longues banderoles). On en voit de bons exemples sur la Tapisserie de Bayeux. La bannière sert de point de ralliement à la bataille, signalant un chef. C’est l’enseigne des barons, grands seigneurs, bannerets, de tous ceux susceptibles de « lever bannière » pour convoquer des vassaux. En marche, elle est portée devant son propriétaire pour indiquer son statut féodal.
La bannière n’a pas la même forme que l’étendard, le gonfalon, le pennon. Voir ces entrées.

 

Baron : m. Dignité. Du 6e au 12e siècle, ce n’est pas encore un titre transmissible comme « Duc » ou « Comte ». « Baron » désigne tous les vassaux directs du roi et les seigneurs les plus puissants. On peut parfaitement dire d’un Comte qu’il est « un baron », et on parlait des « barons du royaume », en d’autres termes les grands seigneurs, les puissants.

 

Beffroi : m. Architecture civile et guerre. Désigne deux réalités. 1/ Grande et fine tour de pierre, construite dans les cités, qui se termine par une cloche et des sentinelles sous un toit en flèche. Le beffroi permet de guetter au loin l’arrivée de l’ennemi, les incendies et catastrophes naturelles qui peuvent survenir entre les murs, et de sonner l’alerte.
2/ Par analogie avec l'architecture civile, le beffroi désigne la tour de siège en bois, qui est roulée pour amener une force d’invasion sur le chemin de ronde d’une place assiégée. Voir Tour de siège, Engins de siège.

 

Bélier : m. Guerre. Grosse poutre employée pour abattre des portes, au cours d’une attaque. Il y en a de deux sortes. 1/ Des béliers « à main » ou portatifs, transportés par les attaquants pour enfoncer des battants dans les couloirs. 2/ De grands béliers couverts d’une toiture très inclinée, sous laquelle plusieurs guerriers manoeuvrent en cadence une poutre très large, pendue au plafond pour se balancer efficacement. Ces grands béliers sont roulés pour aller attaquer les portes d’une place forte. C’est pourquoi ils ont souvent un toit, car les défenseurs faisaient tout leur possible pour incendier ou détruire l’engin, et tuer ses servants. Les deux sortes de béliers peuvent être ferrés ou non, c’est à dire garnis d’une tête de fer au bout, souvent pointue pour fracasser le bois plus facilement. Voir Engins de siège.

 

Blason : m. Symboles héraldiques. Emblèmes et couleurs d’une personne ou d’une communauté. Voir Armoiries.

 

Bliaud : m. Costume. Désigne toujours le vêtement de dessus, « porté par dessus » (à l’exclusion des manteaux). Pour les hommes, c’est une longue tunique qui tombe aux genoux, portée sur des braies (le « pantalon » d’époque), et fermée par une ceinture. Pour les dames c’est une robe, fermée par une ceinture utilitaire ou ornementale, et dont les manches peuvent être étroites ou très évasées. Les dames modestes portaient des bliauds simples et pratiques, les élégantes des bliauds très raffinés.
Dans tous les cas, riche ou humble, homme ou femme, on endossait le bliaud sur une longue chemise de lin, blanche si possible. Les riches dames veillaient à ce que le galon de cette chemise dépasse de celui du bliaud, afin que l’on puisse voir les deux jeux de broderies. Voir aussi Galon.
Le mot « robe » a été évité dans les romans, car à l’époque romane, il désigne l’ensemble de l’habit, jusqu’aux souliers et la ceinture (et ce jusqu’au milieu du 12e siècle). Il nous a donné l’expression « garde-robe », le lieu où l’on entrepose toutes ses affaires.

 

Bouclier : m. Armure. Le terme d’époque est employé plus souvent dans les romans, « écu ». Voir Écu.

 

Braies : f. pluriel. Costume. Les « pantalons » de l’époque romane. Évidemment dépourvus de poches : celles-ci n’existaient pas à l’époque, où l’on gardait tout à la ceinture, dans des sachets ou une bourse. Les braies médiévales n’étaient pas toujours flottantes aux chevilles, comme celles des gaulois. Elles étaient faites en quantité d’étoffes, de lin ou de laine, ou en cuir. On portait les braies courtes aux genoux, ou longues aux chevilles.

 

Bretèche : f. Architecture. Petite loge en encorbellement sur une façade ou un rempart, comme un balcon fermé. Les bretèches sur les maisons civiles font office de logettes d’agrément.
Dans l’architecture militaire, la bretèche est courante. Elle sert à défendre un passage ou une porte. Bâtie en avancée, de bois ou de maçonnerie, elle ressemble à une version réduite des hourds, qui protège un passage. La bretèche est pourvue d’archères, et souvent de mâchicoulis, pour déverser des projectiles et tirer juste en dessous. Son utilité est d’attaquer l’ennemi qui s’en prend aux portes.

 

Bricole : f. Guerre. Engin de guerre à traction humaine et contrepoids, pour lancer des projectiles sur une place assiégée. Les servants de la bricole se placent sur les côtes (et non pas devant comme avec une perrière) et tirent en même temps sur les cordes, ce qui relève la perche et lance le projectile. Ce qui différencie la bricole de la perrière, outre sa taille, est son contrepoids vertical, même si à l’époque les chroniqueurs ont mélangé allègrement les deux termes. Parmi les engins de taille moyenne, la force de la bricole est considérable et celle-ci peut cibler les combattants ennemis, particulièrement en rangs.
Nombre d’expérimentations, se fondant sur les témoignages d’époque, ont conclu que la bricole pouvait envoyer des pierres de 10 à 30 Kilos à environ 80 mètres (ce qui place l’engin à portée d’archers ennemis), à raison d’un tir par minute environ (ce qui est rapide).
L’expression est restée dans le langage : « s’attirer des bricoles », signifiait à l’origine attirer l’attention des artilleurs de bricoles. Car contrairement aux engins plus massifs (mangonneaux, trébuchets), la bricole est capable d’ajuster son tir relativement rapidement… Voir Engins de siège.

 

Broigne : f. Armure, latin populaire : Brunea, Brunia, germanique : Brunja, ancien français : Broigne, Brugne, Brunie. Désigne un ancien type d’armure et toute une famille de cuirasses, parfois avec des pièces de fer. Le terme « broigne » est utilisé dans les romans pour désigner des armures d’écailles de fer, de cuir bouilli, ou d’os. Ces écailles sont superposées comme sur une peau de poisson, se recouvrant de haut en bas en rangs décalés. Elles étaient fixées sur des tuniques de forte toile ou de cuir rembourré, tombant à mi-cuisses ou aux genoux. Mais personne n’est certain que ces armures d’écailles aient été très employées en Occident médiéval, l’archéologie n’en a pas retrouvé de nombreuses traces. De plus les enluminures posent problème : de nombreuses écailles qui y sont représentées, pourraient être en réalité des mailles ; il pourrait s’agir d’une simplification de la part des enlumineurs. L’iconographie et la statuaire des 10e – 12e siècles montrent pourtant parfois ces armures. Il pourrait y avoir plusieurs raisons pour que l’archéologie n’en ait pas retrouvé beaucoup, les écailles de fer étaient sans doute peu employées, et celles en cuir bouilli ou en os sont évidemment dégradables.
De surcroît, le terme broigne désignait à la période romane toutes sortes d’armures anciennes, dont des cuirasses renforcées (« broigne maclée », « broigne annelée », « broigne clavaine »), et personne ne sait de façon sûre ce que ces termes recouvraient. Tout ce que l’on sait, c’est que la broigne désignait des armures vaguement obsolètes, et que ce terme disparaît au 13e siècle, lorsque les cottes de mailles deviennent plus courantes.
Les armures à écailles remontent à l’antiquité romaine (« lorica squamata »), et sont restées en usage en Orient au moyen âge central. Il est fort probable qu’on les ait utilisées aussi en Occident à cette période (un exemple survit au musée d’Alava, en Espagne). L’iconographie d’époque montre parfois sans ambiguïté une armure d’écailles, même s’il est possible que ce soit en vertu d’un goût archaïsant, pour se rattacher à la légitimité de l’Empire romain. (Un peu comme dans certains manuscrits, les guerriers de Charlemagne sont vêtus à la mode italienne.)
J’ai décidé dans Chevaliers Noirs de montrer des armures d’écailles, désignées par convention sous le terme de « broignes à écailles ».
Cependant, il est certain que de telles armures présentaient des problèmes : plus rigides et encombrantes que les mailles (notamment dans le cas des écailles de fer), elles ne protégeaient pas toujours des coups de pointe de bas en haut, qui pouvaient passer en dessous des pièces.

 

Bure : f. Étoffe. Laine grossière et peu peignée, souvent de couleur brune et de qualité médiocre, dont on fait les manteaux, cottes et bonnets les plus simples. Par extension, « bure » désigne les vêtements de cette étoffe.

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C

Casque : m. Armure. Casque est un terme moderne. Celui de « Heaume » est d’époque. Voir Heaume.

 

Chape : f. Costume, bas latin : Cappa, latin médiéval : Pluvialis. Long manteau de voyage, souvent sans manches, fendu sur le devant et attaché sur la poitrine. Fréquemment à chaperon, quelquefois fourré. La chape était souvent pourvue de fentes pour passer les bras. « Chaperon » à l’origine désignait une petite chape, avant de désigner plus particulièrement « le capuchon ».

 

Chausses : f. pluriel. Costume. À l’époque romane, le mot a le sens de « bas-de-chausses ». Pour les hommes, ce sont des chaussettes qui montent aux chevilles, ou jusque au-dessous des genoux (en vogue chez les normands). Pour les dames, ce sont de véritables bas. Les chausses sont lacées en haut par de petits cordons passés dans des coulisses, dont les nœuds apparents se font sur les côtés, derrière ou devant. On en trouve en lin, drap, laine, et soie.

 

Coin : m. Formation de combat. Par analogie avec un triangle braqué vers l’ennemi. Formation très offensive de gens de pied armés de lances, rangés en triangle pour enfoncer les lignes adverses. Appelée aussi « Tête de sanglier » depuis l’antiquité. Les deux hommes les plus braves sont en pointe, puis trois, puis cinq, voire plus. Toutes les lances sont braquées au même endroit, et les écus recouvrent toute la troupe.

 

Connétable : m. Fonction, dignité, bas latin : Comes stabuli, « Comte de l’étable ». À l’origine, chef de la cavalerie, chargé des écuries. Ses seconds sont appelés « maréchaux ». Chaque seigneur d’importance a son Connétable. La fonction change après le 12e siècle, pour recouvrir des réalités très diverses.

 

Cotte de mailles : f. Armure. Armure faite de quantité de petits anneaux de fer, très rarement d’acier (et ce pas avant le 12e siècle), chacun pris dans quatre autres et fermé par un minuscule rivet. Elle est portée sur une doublure de cuir rembourrée, telle une longue tunique. Étant donné qu'elle est très chère et prend beaucoup de temps à assembler, toute une variété de longueurs existent, selon les moyens de l’acquéreur. L’expression « cotte de mailles » n’apparaît pas avant le 12e siècle, et ce très rarement. À la place on parlait de « cotte de fer », la plupart du temps de « haubert », et on disait parfois « armure, harnois, ou tunique de mailles ». Voir Haubert. Pour la confection, voir Mailles.

 

Coule : f. Costume. Désigne un vêtement à chaperon dès les Carolingiens. A l’origine c’était un vêtement monastique qui s’est répandu dans la société civile.

 

Coursier : m. Équitation. Cheval réservé au voyage ou à la course. Plus rapide et endurant qu’un palefroi. Mais il n’est pas spécifiquement entraîné à supporter la violence des combats, où il est susceptible de mal réagir.

 

Cuir bouilli : m. Armure. Cuir renforcé par immersion dans l’eau bouillante ou la cire chaude (cette dernière méthode étant préférable), puis mis en forme. On en fait diverses pièces de cuirasses, des mancherons et des avant-bras, des protège-tibias.
Après une première mise en forme, on chauffait légèrement les cuirs au-dessus d’un petit feu à même le sol. Les pièces étaient placées sur une plaque de fonte, éventées et retournées pour éviter qu’elles ne noircissent au contact du métal. On les retirait de cette chauffe toutes les 10 minutes pour les plier à la main et leur donner une forme, particulièrement pour les courbures des articulations. Lorsque les pièces étaient prêtes, on les plongeait dans un baquet d’eau bouillante ou de cire fondue, légèrement chaude. Elles y restaient 20 à 45 minutes, surveillées avec beaucoup d’attention. Puis on les sortait pour les mettre à refroidir sur des formes. Le cuir devenait alors très dur, désormais protégé des intempéries. On cousait ces pièces si nécessaire.
Cette méthode était notamment employée pour durcir les écailles de cuir, voir Broigne.

 

Cuirasse : f. Armure. Désigne toutes les armures de cuir, au sens large. Longtemps prédominantes, elles équipent la plupart des combattants sur le champ de bataille, car elles sont bien moins chères. On dit aussi « cuirie », « cotte de cuir », « tunique de cuir »… Ces armures de cuir peuvent être très longues, recouvrir le haut des bras et des cuisses, et elles ont des allures et formes très variées. Elles peuvent comporter des renforts semi rigides (en cuir bouilli, ou être recouvertes d’écailles de cuir), elles peuvent être cloutées par endroits, ou encore rembourrées pour amortir les coups. On fait la bourre avec de l’étoupe, de la filasse, laine, vieux tissus, crins ou poils. Cette garniture est cousue verticalement ou piquée en losange, pour tenir en place. Dans l’ensemble il est préférable de porter une cuirasse plutôt que rien, mais celles-ci protègent beaucoup moins bien que les armures de fer : un coup de lance peut pénétrer sans grande difficulté, les épées trancher ou entailler, les flèches se loger dedans. Comme toujours au combat, il faut rester mobile pour éviter les attaques efficaces. Les guerriers en cuirasse portent très souvent un écu, auquel échoue le véritable rôle défensif, l’armure de cuir constituant la « dernière chance »...

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